Tout savoir sur le Diapason : Histoire, définition et astuces du quotidien

« On en entend parler à chaque répétition, à chaque balance et avant chaque concert. Mais que désigne exactement le mot « diapason » ? Pourquoi s’accorde-t-on à 440 Hz ou 442 Hz ? Et surtout, comment gérer les variations de diapason sur le terrain ? On fait le point ensemble ! »

1. Les 3 significations du mot « Diapason »

Dans notre jargon de musicien, ce mot recouvre trois réalités bien distinctes :

  1. L’outil d’accordage : L’objet métallique en forme de fourche (ou son équivalent électronique) qui émet le LA de référence.
  2. La longueur vibrante (pour les luthiers) : Sur nos basses et guitares, le diapason désigne la distance entre le sillet de tête et le chevalet.
  3. La hauteur absolue du LA de référence (fréquence en Hertz) : C’est la hauteur acoustique sur laquelle tout le groupe ou l’orchestre se cale. C’est ce point précis qui nous intéresse aujourd’hui !

2. Une petite rétrospective : L’histoire mouvementée du LA

Aujourd’hui, la norme internationale (fixée à Londres en 1953) établit le LA de référence à 440 Hz. Mais cela n’a pas toujours été le cas, loin de là !

  • À l’époque de Mozart : Le diapason était souvent fixé autour de 435 Hz. Les ancêtres du piano (épinette et clavecin) avaient une structure en bois qui ne supportait pas la tension d’un diapason plus haut.
  • Au fil des siècles : On est passé de 506 Hz (l’orgue de la cathédrale d’Halberstadt en 1495) à 415 Hz (période baroque), puis 435 Hz au XIXe siècle, pour monter progressivement.
  • Pourquoi cette hausse progressive ? Pour apporter plus de brillance et de projection sonore aux instruments. Aujourd’hui, de nombreux orchestres symphoniques s’accordent d’ailleurs à 442 Hz.

3. La réalité du terrain : Température, chanteurs et studio

Sur scène ou en studio, le diapason est une matière vivante !

  • L’effet de la température : Dans une salle qui chauffe au fil du concert, l’air insufflé dans les instruments à vent (cuivres, bois) fait monter leur diapason à 442 Hz ou plus. Les instruments à accord statique (piano, accordéon) ou les cordes doivent s’adapter.
  • Le casse-tête des chanteurs : Les chanteurs d’opéra ou de variété adaptent les tonalités à leur tessiture. Un opéra joué à 442 Hz exige un effort supplémentaire sur les cordes vocales par rapport au 435 Hz de l’époque de composition !
  • En studio d’enregistrement : Il n’est pas rare d’adapter légèrement le diapason au varispeed ou via la technologie pour soulager la voix d’un artiste fatigué en fin de session, avant de remonter le master global.

4. Le conseil du bassiste : Soyez au diapason !

En concert, vous aurez beau être persuadé d’avoir raison avec votre accordeur réglé pile sur 440 Hz : mieux vaut jouer accordé avec le groupe que jouer « juste tout seul » et sonner faux par rapport à l’ensemble !

Une fois la prestation lancée, écoutez, adaptez-vous et réaccordez-vous si nécessaire en fonction du piano ou des cuivres.

Le diapason